selon Benjamin Chaminade, voici donc quelques éléments concernant la génération que les médias vont sans doute décrire comme « susceptible et cynique », à l’instar des « Y » désignés comme « zappeurs et désengagés ».

Cette génération « Z » peut être qualifiée d’opaque. Les Emos pensent d’instinct qu’être visible sur le Net est naturel. Mais ils savent par ailleurs que c’est aussi prendre un risque. Même si leur notion de vie privée est différente, ils savent que, sous couvert d’anonymat, n’importe qui peut laisser des commentaires destructeurs.... Les « Z » sont lucides ! Ils n’ignorent pas qu’il est difficile de croire la parole d’un manager ou d’un chef d’entreprise qui ne sera sans doute plus là au moment de tenir ses engagements. Ils savent faire la différence entre un management authentique et une vague tentative de manipulation... Intéressée, cette culture « Z » se détache aussi de celle de ses aînés « Y » qui découvraient les réseaux sociaux et la facilité de créer des contacts ou de rassembler des communautés. Alors que l’effet « collection » de contacts s’estompe, les « Z » raisonnent en « gain attendu » de la part de leurs contacts qui deviennent source de connaissances. Se faire blacklister d’une page d’amis sur Facebook incitera bientôt « l’indésirable » à s’interroger sur son niveau de compétences. « Détachée » qualifie aussi la génération « Z ». Plus rien ne nous appartient, tout s’emprunte : la planète, la musique, les voitures, et bien sûr, l’entreprise. Seul ce que nous pouvons emporter avec nous nous appartient. Fidélisation, engagement et intégration ne seront bientôt plus d’actualité. Les collègues et managers seront devenus aussi temporaires que les contatcs/amis/followers. Emotive est peut-être la caractéristique principale de ces « Z ». Cette tendance est observée par les enseignants qui les ont en classe et les managers qui les ont dans l’entreprise. Leur sensibilité à fleur de peau est palpable. Vécu comme de l’hyper-susceptibilité par certains, la moindre remarque ou feed-back doit être annoncé avec précaution.> Les Emos choisiront l’entreprise dans laquelle ils feront un « séjour » plus ou moins long, en fonction de ses valeurs et de leur projet personnel.

Finalement, une importance encore plus forte aux valeurs de l'entreprise mais sans illusions et sans faux semblants. Rien de déstabilisant pour pour les managers de l'immatériel habitués à considérer leurs collaborateurs comme des sujets et non des archétypes !

Benjamin Chaminade est un expert franco-australien en management des talents. Il intervient en France et à l’étranger en management des talents (attirer, recruter, intégrer, manager et fidéliser).