Bice Challamel a pour habitude, après des salutations forts courtoises et une introduction très imagée (l'histoire de Japan Railway Est), de commencer son intervention par un exercice très participatif de toute la salle consistant à demander à chaque participant de la salle de faire 5 changements de son apparence , en les faisant deviner par son vis à vis. 5 changements (enlever la cravate, retrousser une manche, retirer sa montre ...), ça paraît déjà beaucoup ! mais quand ensuite il demande de faire 10 changements additionnels, là cela paraît de prime abord impossible ... et pourtant la plupart y sont parvenus !
Le plus intéressant sont les enseignements tirés de ce petit exercice apéritif.
Pourquoi pratiquement tout le monde s'est prété à ce petit jeu avec un vis à vis la plupart du temps inconnu 5 minutes avant et avec une réussite étonnante ?
Brice donne trois raisons qui ont toutes valeur d'enseignement pour le management du changement et l'innovation collective :
1) la demande a été progressive et incrémentale (il a commencé par se présenter, par raconter une histoire d'innovation réussie au Japon, de plus la demande a évoluée de 5 à 10 ...)
2) chacun a été proactif, autonome, chacun dans sa zone de confort (il n'a jamais vu personne se déshabiller complètement ...)
3) l'exercice est fait collectivement (la permissivité du groupe et la possibilité de s'inspirer des idées des autres).
Par opposition, ce qui conduit à l'échec dans le management du changement : agir isolément, rester passif et la brutalité !
Autre enseignement de l'exercice : tous les participants ont commencés par des changements soustractifs (enlever des choses) pour ensuite passer à des changements additifs (mettre un mouchoir sur la tête, emprunter une cravate à quelqu'un dans la salle...).
Le changement soustractif est un univers limité quand ajouter n'a pas de limite (champs d'innovations illimités : plus de services, la collaboration et le partenariat ...).
Enfin, Brice nous a fait remarquer qu'il n'a nullement eu besoin de donner la consigner de se rhabiller : chacun l'avait fait de lui-même.
La force de l'inertie, le retour au point zéro, à l'état de confort précédent est la réation naturelle !
Un enseignement primordial pour la conduite du changement : bien marquer les changements atteints, étape par étape, sous peine de voir revenir au point zéro inéluctablement !
Des exemples simples à méditer !
Brice Challamel enseigne le management de l'innovation à Sciences Po Paris et au MBA de'HEC. Il dirige une société de conseil et formation Act One